Calandreta?

Le mouvement Calandreta est né à la fin des années 70 dans le sillage du mouvement occitan, dont il devient un acteur majeur. À son origine : des enseignant-e-s et des parents qui souhaitaient une école différente, bilingue et immersive en occitan. Les premières écoles Calandretas sont nées à Pau et à Béziers en 1979 et de nombreuses autres ont suivi à travers toute l’Occitanie ; il en existe aujourd’hui plus de soixante. Toutes sont laïques et tendent vers la gratuité. Les écoles adhèrent à la Charte des Calandretas  qui est fondée sur quatre piliers : la pédagogie, la langue, l’associatif et la culture occitane.

Voici un lien vers l’article wikipedia dédié, et ci-dessous une vidéo reportage de présentation.

Calandreta from PIGET FILMS on Vimeo.

Una escòla associativa | Une école associative

Le mouvement est jalonné d’obstacles liés à l’article 2 de la Constitution : « La langue de la République est le français. » De ce fait, l’enseignement dans les écoles publiques doit se faire en français au moins à 50 %. La seule solution possible pour réaliser ce projet d’enseignement immersif est donc de fonder des écoles associatives. Cette particularité a façonné l’esprit Calandreta, qui repose sur la solidarité et l’engagement associatif.

Imersion e pedagogias activas | Immersion et pédagogies actives

Dans les écoles Calandretas, l’enseignement de l’occitan se fait en immersion : l’occitan est la langue de tous les apprentissages, de tous les temps scolaires. Le français, quant à lui, fait l’objet d’un enseignement à part, à partir du CE1. Afin que l’immersion soit aussi intéressante que possible, les élèves doivent avoir la possibilité d’utiliser la langue dans des situations très variées, c’est pourquoi les écoles Calandretas privilégient les techniques Freinet et la Pédagogie Institutionnelle. Ces méthodes accordent une place de choix au dialogue, à la coopération, aux expérimentations concrètes et sont ouvertes sur le monde extérieur.

La cultura occitana | La culture occitane

Le mouvement Calandreta, c’est aussi la valorisation de la culture occitane. L’école s’y emploie en multipliant les occasions de rencontres et d’événements festifs propices à la convivialité et à la cohésion de ses membres : fête de Noël et de fin d’année scolaire, Carnaval, etc. Par ailleurs, il n’est pas rare que l’école reçoive des spectacles en occitan ou des intervenant-e-s qui animent des ateliers de musique, de danse, etc. L’association culturelle Còr d’Òc contribue également à faire partager et à entretenir cette richesse.

Sound system occitan animé par le groupe montpelliérain Humpty Dumpty à l’occasion d’une fête de l’école.

L’occitan, qu’es aquò ? | L’occitan, qu’est-ce que c’est ?

Un pauc d’istòria | Un peu d’histoire

L’occitan ou langue d’òc (langue ou le “oui” se dit “òc”) est une langue romane parlée dans le tiers sud de la France, le Piémont italien, le Val d’Aran (Espagne) et à Monaco.

La langue s’est différenciée localement sous la forme de patois ou dialectes. Parmi eux, on distingue l’auvergnat, le gascon, le languedocien, le limousin, le provençal et le vivaro-alpin.

L’occitan est riche d’une importante production culturelle et d’une littérature prestigieuse datant du Moyen-Âge. Cet âge d’or a pris fin au 13ème siècle, lors de la croisade contre les cathares et de l’annexion de la majeure partie de l’ère occitane à la couronne française. Sans cesse malmenée, la langue a continué à être pratiquée par le peuple et les campagnes jusqu’au début du 20ème siècle, période où l’exode rural et l’interdiction des langues régionales à l’école ont failli lui porter un coup fatal. Un fort mouvement culturel et militant a heureusement marqué la renaissance de la langue à partir des années 1970.

La langue occitane n’a pas de reconnaissance officielle en France, en dehors de ce qu’elle constitue avec d’autres langues régionales un “patrimoine”. La pluralité des langues est un enjeu planétaire qui fait désormais l’objet d’une lutte. Le mouvement Calandreta assume son rôle dans le maintien de cette pluralité et transmet, le plus possible, la variante locale de la langue d’òc. Les enfants scolarisés à la Calandreta de Garoneta apprennent ainsi le languedocien.

Parents et enfants participant à la Manifestation “Pour que vivent nos langues”. Leur bannière signifie “Nous ne nous tairons pas” (Toulouse, mai 2021).

Cinq bonas rasons d’apréner l’occitan al jorn d’auèi | Cinq bonnes raisons d’apprendre l’occitan aujourd’hui

  1. Continuer à faire vivre un patrimoine qui appartient à l’histoire de l’humanité et qui a traversé les siècles
  2. Développer ses capacités cognitives et des aptitudes pour l’apprentissage d’autres langues.
  3. S’enrichir, développer sa culture.
  4. S’ouvrir sur le monde et sur les autres.
  5. Comprendre son environnement (toponymie, etc).

Calandreta semena l’occitan pel monde de deman (Calandreta sème l’occitan pour le monde de demain)

Istoric | Historique

L’istòria de l’escòla en qualques datas | L’histoire de l’école en quelques dates

La Calandreta de Sant-Çubran (Saint-Cyprien) a ouvert dans le courant de l’année scolaire 1989-1990, avec 5 enfants, grâce à la volonté et la ténacité de quelques parents et de l’enseignante, Gisèle Lacombe-Bistour. La seconde classe a ouvert en septembre 1991. Elle était alors hébergée par le centre de loisirs et l’école primaire de la Patte d’Oie qui lui prêtaient un préfabriqué. Suite à l’ouverture de deux autres classes, elle a obtenu l’installation, par le Conseil Général, d’un double préfabriqué dans la cour de l’école Patte d’Oie. Puis, avec l’aide de la Mairie de Toulouse, du Conseil Général et grâce à une mobilisation qui est allée jusqu’à l’occupation de locaux la nuit, elle a obtenu l’installation en 1998 de trois algécos dans le terrain adjacent.

Gisèle Lacombe-Bistour lors d’une sortie scolaire avec l’une des premières classes de calandron-e-s­ 1991.

 

Article paru suite à l’obtention de nouveaux locaux/ algecos (Dépêche du Midi – 20 juillet 1998).

De riba esquèrra cap a riba dreita | De la rive gauche à la rive droite

La Calandreta de Sant-Çubran est restée implantée dans le parc de la Patte d’Oie jusqu’en 2007. Des négociations ont commencé avec la Mairie de Toulouse dès 1998 pour un relogement. Un accord a été convenu en 1999 ; l’installation dans les locaux actuels s’est concrétisée en 2007. Depuis septembre 2012, la Calandreta de Garoneta a ouvert son CLAE, remplaçant ainsi avantageusement la garderie périscolaire. En mai 2022, elle a obtenu le conventionnement municipal lui permettant d’ouvrir un Centre de loisirs ouvert à tous les enfants de la ville (CLSH).

Cal cambiar de nom | Un nouveau nom s’impose

De Sant-Çubran à Garoneta : l’association a choisi de changer le nom de l’école en 2010 pour “Calandreta de Garoneta”, du nom du bras de Garonne qui isolait originellement l’îlot de Tounis. L’école a pris ainsi le nom de son nouveau quartier.

Lo movement Calandreta | Le mouvement Calandreta

La Calandreta de Garoneta s’inscrit dans un grand mouvement organisé en Confédération nationale et en Fédérations départementales et régionales. Ces instances sont constituées de militant-e-s (anciens parents d’élèves pour la plupart), d’enseignant-e-s et de parent-e-s d’élèves. Un membre du Conseil d’Administration de chaque école nommé juntaire (joncteur) est chargé de faire le lien entre l’association qu’il représente et les instances du mouvement Calandreta.

L’ensemble des acteurs du mouvement Calandreta se réunit tous les deux ans lors d’un grand congrès.

La Confederacion | La Confédération

Toutes les écoles et associations Calandreta, ainsi que les Fédérations, sont adhérentes de la Confédération des Calandretas. Cette dernière leur accorde un agrément et exige le respect de la Charte des Calandretas, texte fondateur qui définit notamment le projet pédagogique des écoles. C’est ce qui garantit l’identité des Calandretas.
La Confédération est un organe de décision de niveau national qui représente les écoles et les Fédérations auprès de l’État. C’est elle qui mène les négociations qui touchent aux effectifs et au nombre de postes auprès du Ministère de l’Éducation
Nationale.

Le siège de la Confédération se trouve à Montpellier ;  trois coordinatrices y travaillent de façon permanente.

­Assemblée Générale de la Confédération des Calandretas organisée dans les locaux de la Calandreta de Garoneta.

Las federacions regionalas e departamentalas | Les Fédérations régionales et départementales

Les Fédérations ont pour but la coordination et le développement de services communs entre les associations gestionnaires des établissements Calandretas. Par ailleurs, elles font le lien entre le mouvement et les collectivités territoriales. Elles obtiennent des aides et des subventions allouées au mouvement et aux écoles du réseau, et sont aussi les moteurs de la création des nouvelles écoles Calandretas en aidant à la création d’associations préfiguratives.

On compte six Fédérations régionales (Aquitaine, Auvergne-Velay, Languedoc, Limousin, Midi-Pyrénées, Provence). Le siège de la Fédération Midi-Pyrénées se trouve à Toulouse, deux ligaires (lieuses) y travaillent de façon permanente.

Lo Congrès | Le Congrès

Le Mouvement Calandreta se réunit en Congrès tous les deux ans. Organisé sur plusieurs jours, l’évènement rassemble une multitude d’acteurs du mouvement venus “des quatre coins de l’Occitanie” : l’ensemble des enseignant-e-s, les associatifs (parents des écoles accompagnés ou non de leurs enfants) et les employé-e-s qui le souhaitent. Chaque Congrès est un temps de rencontre, de partage d’expériences et d’élaboration du projet Calandreta. Les ateliers du dernier Congrès ont, par exemple, porté sur l’immersion linguistique.

Atelier de réflexion collective lors d’un Congrès Calandreta à Quillan (Aude).